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La philosophie par le roman et le récit

Le clan Spinoza par Maxime Rovère

Le problème Spinoza par Irvin Yalom

La méthode Schopenhauer par Irvin Yelom

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Le problème Spinoza par Irvin Yalom

Page 116-118 «... [choc et incrédulité] qu'a suscité la révélation de Kant selon laquelle la réalité du dehors n'est pas ce que nous en percevons d'ordinaire ... nous élaborons la réalité extérieure à travers nos constructions mentales intérieures.» «... votre monde intérieur, qui est constitué pour une large part de ce que vous avez vécu dans le passé, n'est plus ce que vous pensiez qu'il était. ... un terme propre à Husserl ... votre "noème" a explosé.»
«...noème se rapporte à la chose telle que nous la vivons, la chose telle que nous la structurons. Par exemple ... l'idée d'un mur. ... vous vous appuyez sur ce mur ...ce mur n'est pas solide et votre corps passe au travers. A ce moment-là votre noème du mur explose - votre Lebenswelt" - le monde vécu n'est plus ce vous pensiez qu'il était.» «... le concept d'une structure que nous imposons au monde...» Tout à coup par une révélation «votre passé a changé, pas de beaucoup mais ...»
126-127 Eudémonisme de eu = bon, normal et daimon = lutin, esprit, déité mineure (le démon d'aujourd'hui ?) : donne bonne fortune, bien-être, épanouissement
Peut-être élevant l'état de sentiments heureux vers une vie morale, vertueuse. L'arete pour Platon, ce qui fonctionne bien pour un grec ancien, pour lui une harmonie de l'âme.
129 Le bien vivre pour Épicure est l'ataraxie. Une quiétude par l'élimination des soucis et de l'inquiétude.
134 «Épicure a-t-il nié le divin ? - Non, il était audacieux mais pas téméraire ... né 60 ans après Socrate ... exécuté pour hérésie ... Il a adopté une position plus prudente, admettant que les dieux existaient et vivaient heureux sur le mont Olympe, totalement indifférent à l'existence des hommes.»
442 Spinoza (début de la préface de la partie 4 de l'Éthique) «L'homme soumis aux sentiments ne dépend pas de lui même, mais de la fortune.» De la fortune veut dire ici de la bonne fortune, de la chance.
443 «C’est pourquoi, dans la vie, il est avant tout utile de parfaire l’entendement, autrement dit la Raison, ... en cela seul consiste la souveraine félicité ou béatitude de l’homme. Car la béatitude n’est rien d’autre que la satisfaction même de l’âme, qui naît de la connaissance intuitive de Dieu.» Tiré du chapitre IV de l'appendice de la proposition 73 de la 4ème partie de l'Éthique de Spinoza.
496 à 499 « ... je ne conçois pas l'homme comme un être de solitude ... Je recherche le vécu joyeux qui naît non pas tant du lien que de l'abolition de la séparation. ... Il y a une différence subtile mais essentielle. ... Nous pouvons en partie comprendre l'essence de la Nature, ou de Dieu. ... en partie car l'existence réelle de Dieu est un mystère qui dépasse l'entendement. Dieu est infini, et comme nous sommes finis, notre vision est limitée. ... Donc ... il nous faut essayer d'envisager le monde sub specie aeternatis - sous l'aspect de l'éternité. ... surmonter les obstacles de la connaissance liés à l'attachement qui est le nôtre à notre propre moi.»
« ... pour envisager le monde sub specie aeternatis je dois faire abstraction de mon identité, de mon attachement à moi même, afin de regarder d'un point de vue absolument pertinent et juste. Lorsque j'y parviens, je mets fin aux limites qui existent entre moi-même et les autres ... un grand calme m'envahit. ... Et quand les autres parviennent à ce même état, nous nous rapprochons ... ce vécu heureux et plein de joie est une conséquence de la séparation plutôt que du lien. Voilà la différence ... entre les hommes qui se rapprochent pour avoir chaud et se sentir protégés et les hommes qui ensemble partagent une vision joyeuse de la Nature ou de Dieu. »
«Solitaire et cependant ... être simultanément à part en prenant part.»
«Un égoïsme éclairé mène à l'entraide.»
«... le vrai paradis sur terre adviendra le jour où notre engagement à comprendre la Nature, ou Dieu, remplacera toutes les autres attaches, quelles soient religieuses, culturelles ou nationales.»

La méthode Schopenhauer par Irvin Yalom

Page 269 De Schopenhauer jeune décrivant le portrait d'un amiral hollandais : «À côté de ce tableau, il y a les symboles de sa biographie, son épée, son gobelet, le collier de son ordre et enfin la balle qui a tout anéanti.»
281 ... la supercherie du pardon ... Le pape Jean-Paul II en 2004 avait lui-même demandé pardon pour le sac de Constantinople par les croisés au XIIIe siècle.
357 et 358 La misanthropie poussée au maximum. Le refus de l'autre «N'avoir jamais et d'aucune manière besoin des autres, et le faire voir, voilà absolument la seule manière de maintenir sa supériorité dans les relations.» «Ne pas faire attention, c'est attiré l'attention.»«On peut, par un peu de politesse et d'amabilité, rendre souples et complaisants jusqu'à des hommes revêches et hostiles. La politesse est donc à l'homme ce que la chaleur est à la cire.»
361 Chapitre  Présentation de l’œuvre de Schopenhauer, ses textes et son influence sur les théories de Freud.
362-363 «... Kant ... révolutionna la philosophie en affirmant que nous constituons la réalité plus que nous la percevons... nos données sensorielles sont filtrées par notre appareil nerveux, avant d'être rassemblées et de nous donner une image, que nous appelons réalités, mais qui n'est qu'une chimère, une fiction engendrée par notre esprit ... épris de concepts et de catégories. ... les causes et les effets, les enchaînements logiques, la quantité, l'espace et le temps sont des conceptualisations, des constructions mentales, et non des entités «données» dans la nature.
... nous ne pouvons pas voir au delà de notre version transformée de ce qui est «donné». Nous n'avons aucun moyen de connaître ce qui s'y trouve «réellement» ... l'entité qui existe antérieurement à notre travail perceptif et intellectuel. Cette entité première, que Kant appelait Ding an sich (la chose en soi), nous restera toujours ... inconnaissable.
... Schopenhauer pensait que nous pouvons nous en approcher plus que Kant ne le croyait. ...Kant avait négligé une source majeur d'information disponible quant au monde perceptible (ou phénoménal) : notre propre corps ! Les corps sont ... des objets matériels ...[qui] existent dans le temps et l'espace ... nous [disposons] non pas d'une connaissance issue de notre appareil perceptif et intellectuel mais une connaissance directe, provenant de l'intérieur, issue des sensations.
De notre corps, nous tirons une connaissance que nous ne pouvons ni conceptualiser ni communiquer, ... la plus grande partie de notre vie intérieure nous demeure inconnue. Nous la réprimons, nous l'empêchons d'affleurer à la conscience, car connaître notre nature profonde (notre cruauté, notre peur, notre envie, notre désir sexuel, notre agressivité, notre égocentrisme) nous dérangerait à un degré au-delà du supportable.»
Textes de Schopenhauer parus 40 ans avant la naissance de Freud. Quand lui et Nietzsche étaient écoliers Schopenhauer était le philosophe le plus lu de l'époque.
Pour Schopenhauer nous pouvons comprendre ces forces inconscientes, non "conceptualisables", les communiquer, sans passer par les mots grâce à l'art.
En véritable pionnier il pensait que les désirs et pulsions sexuelles jouaient un rôle crucial dans les comportements.
Religion : indépendant économiquement il put être le premier grand philosophe à construire sa pensée sur un socle athée.
Description de sa «volonté». Cette force primaire implacable, insatiable et toujours présente en nous, qui si elle est arrêtée provoque la souffrance.
368 Suivant les dire de Schopenhauer bien qu'il n'est pas écrit pour la foule, dont je fais parti, les approches et concepts de Schopenhauer m'intéressent.
433 Plaisanterie : Hegel tellement difficile à lire > La question philosophique la plus angoissante n'est pas «La vie a-t-elle un sens ?» mais qui va enseigner Hegel cette année ?
443 Encore Kant « ... plutôt de saisir le monde tel qu'il est ... nous ne faisons qu'en saisir notre propre version, (personnalisée, transformée). Des propriétés comme l'espace, le temps, la quantité ou la causalité sont en nous, pas hors de nous : nous les plaquons sur la réalité. ... quelle est la réalité pure, non transformée ? ... cette entité brute avant que nous la transformions ? Cela dit Kant nous restera insaisissable.»
444-445 Reprend ce qu'a apporté Schopenhauer en complément de l'approche de Kant, à Freud et à Nietzsche.
445 L'omniprésence du désir sexuel, y compris dans le monde du pouvoir.
447 Schopenhauer a saisi, il y a deux siècles ... le réalité sous-jacente du monde : la puissance absolue de l'instinct sexuel.
448 «... sortir de la roue de la volonté. ... comprendre le néant inhérent à ce monde fait d'illusions, puis trouver un moyen pour annihiler la volonté. ... être autant observateur qu'acteur ... [fuir] le monde du désir, en communiquant avec les grands esprits de l'univers et en s'adonnant à la contemplation esthétique ... reconnaître la force vitale qui existe dans la nature ... [dans chaque individu] et qui finira par reprendre cette force une fois [cet individu] n'existera plus.»
461 «Schopenhauer nous demande de vivre et de jouir de la vie maintenant ... Nietzsche allait reprendre cette injonction à son compte, voyant dans l'espoir notre plus grand malheur, mettant au pilori aussi bien Platon et Socrate que le christianisme, tous coupables de nous avoir détournés de la seule vie dont nous disposions et de nous faire regarder vers un illusoire au-delà.»
499 à 501 Dans les Parerga et Paralimena Schopenhauer «mettait un peu d'eau dans le vin de son pessimisme ... condamnés à vivre ... nous devons vivre en souffrant le moins possible ... penser en toute indépendance, à endiguer le scepticisme ... à fuir les émollients surnaturels et confortables ... Même si «chacun doit  jouer son rôle dans ce grand spectacle de marionnettes ...» on trouvera le réconfort ... selon laquelle ... tout passe. ... l'ouvrage ajoute la notion de lien : à travers la banalité de notre souffrance, nous sommes inexorablement reliés les uns les autres ... Plutôt que Sir ou Monsieur, un homme devrait s'adresser à un autre par : mon compagnon de souffrance ... il nous rappelle ... à la tolérance, la patience, l’indulgence et l'amour du prochain ... chacun de nous doit aux autres.»
504-505 Épictète «Le charpentier ne vient pas vous dire : «Écoutez-moi disserter sur l'art des charpentes», mais il fait son contrat pour une maison, la construit ... Agis de même, toi aussi : mange comme un homme, bois comme un homme ... marie-toi, aie des enfants, exerce tes droits et tes devoirs de citoyen, sache endurer les injures, supporte [les autres]»